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L’Europe doit il rouvrir ses frontières ?

Architecte/Architect : Henry Bernard

Décidément, il ne fait pas bon être dirigeant de pays européen en ce moment. Si les hauts représentants politiques du vieux continent se remettent peu à peu du long débat concernant la Grèce, les voici de nouveau dans une nouvelle situation épineuse. La migration en masse de réfugiés provenant des pays en crises.

 

Les réfugiés affluent d’Afrique, mais aussi du Moyen-Orient. Si les cotes françaises sont encore épargnées pour le moment, nous ne pouvons pas en dire de même pour les côtes italiennes, grecques et tout dernièrement, le rivage de Bodrum  en Turquie. La mort du petit Aylan a secoué les médias et les tristes photos inondent la toile, mais malheureusement, ce n’est pas le premier drame de cette nature qui se produit. Dans le cadre de la mort d’Aylan, la population pousse enfin un cri d’alerte, mais sera-t-il entendu ?

Moslem refugees from Banja Luka arrive in Travnik July 7, 1993.

Moslem refugees from Banja Luka arrive in Travnik July 7, 1993.

Si la situation est tendue dans les pays au sud de la méditerranée notamment en Libye, elle l’est aussi aux sièges des pays frontaliers plus au nord, car la question des quotas d’immigrants ou de l’ouverture des frontières revient sur le tapis. François Hollande pour sa part, se veut moralisateur et s’indigne face aux pays de l’union qui ne répondent pas à leurs obligations morales. Angela Merkel lui emboite le pas et c’est ensemble qu’ils ont pris l’initiative de convoquer un conseil des ministres de l’intérieur des différents états européens le 14 septembre 2015.

 

Parlera-t-on alors de quota ?

Ou de réouverture des frontières afin d’accueillir les réfugiés politiques qui fuient leurs patries ou une situation politique instable. Pour l’heure, ce qui est sûr c’est qu’il est question de mesures qui agiront sur une problématique en fin de ligne. Personne ne semble s’intéresser à comment traiter le mal à la racine malheureusement.

 

Cette situation épineuse est d’autant plus complexe, car ceux qui semblent avoir plein pouvoir de décision sur ce que doivent faire les pays d’Europe sont ceux qui sont les moins exposés pour le moment. Il est alors plus facile de parler, car les premières frontières à ouvrir ne sont pas les leurs et cela, les citoyens le savent.

 

L’Europe doit-elle devenir une grande et unique terre d’asile ? A-t-elle légitimement le droit de fermer ses frontières aux demandeurs et autres exilés ? Les écoles de pensées sont diverses au sein même de la population. Il y a déjà des groupes et mouvements d’aide qui ne cessent de se multiplier dans différents pays. Certains citoyens européens prennent les devants et vont jusqu’à s’associer pour accueillir de familles chez eux sur une courte durée. D’autres sillonnent les frontières avec des vivres et les distribuent gratuitement. A l’inverse, certains se questionnent quant à l’aspect de la sécurité post-exode.

 

La vague d’immigré risque de prendre de l’ampleur si l’Europe se montre plus souple et nul n’est à l’abri de déstabilisations économiques, sociales et sécuritaires, mais ici encore, ce que pense le peuple risque d’arriver en seconde place, car pour les dirigeants, il sera question avant tout d’entretenir de bonnes relations politiques.