LA GRECE DIT NON

greece

C’est le NON qui l’a emporté le 05 Juillet dernier lorsque le peuple grec a été invité à se rendre aux urnes pour son referendum national. Si le parti Podemos voyait là une certaine « Victoire Démocratique », du côté de Berlin, ce vote traduit une forme de rupture volontaire entre la Grèce et l’Europe. Pour François Hollande, Président français et qu’Angela Merkel, Chancelière allemande, le vote des citoyens grec « doit être respecté. » Dans cette même optique, ils ont sollicité la convocation d’un sommet de la Zone Euro moins de deux jours après l’annonce du scrutin.

La Grèce ayant avancé ses pions sur l’échiquier européen, certains politiciens européens, à l’instar du Ministre allemand de l’économie, Sigmar Gabriel, estiment que les futures négociations entre Athènes s’avéreront délicates. Lors d‘un entretien au quotidien Tagesspiegel dès le lendemain de l’annonce, Sigmar ajoute également qu’en créant cette mobilisation nationale, Alexis Tsipras, Premier ministre grec a “coupé les derniers ponts entre son pays et l’Europe.

Les avis d’autres intervenants politiques européens se veulent quant à eux plus neutres. C’est du moins le cas du représentant principal de la diplomatie italienne Paolo Gentiloni qui prend fébrilement position en faisant ressortir de nouveau le besoin de trouver un accord pour que la Grèce puis voir la lumière au bout du tunnel.

De l’autre côté de l’Atlantique par contre, la position de Washington sur ce débat n’est pas encore affirmé. Ici Obama joue la carte de la sécurité, voire même, celle de la sagesse en rappelant les risques que comporte cette situation sur le plan géopolitique. Par ailleurs, il invite de nouveau l’Europe et Athènes à trouver une solution ensemble. C’est également dans cette optique que Barack Obama a contacté la Chancelière allemande et le Premier ministre grec dans la journée de Mercredi personnellement.

Pendant ce temps, la Russie, troisième plus gros partenaire économique de l’Europe se tient loin de ce débat. Pour certains économistes russes comme Vladislav Inozemtsev, le marché mondial a déjà anticipé les remous qui pourraient être engendrés après un départ de la Grèce de la zone Euro.

La situation fait débat mais demeure néanmoins un sujet épineux et alimenté par des vagues d’idées préconçues ! A titre d’exemple « Le gouvernement grec n’a fait aucun effort. »Hors, il est bon de savoir que les Grecs ont subi directement une politique d’austérité en 5 ans le tout visant à remettre le pays à flot !

« La Grèce n’aurait jamais dû rentrer dans la zone l’Euro. » Si nous remettons l’histoire en place, bien que l’euro entre en vigueur en 1995, il faudra attendre l’an 2000 pour que la Grèce accède officiellement à sa position car elle progresse et affiche des résultats favorables (Inflation, bourse en forme, baisse du déficit). Au même moment, des gouvernements européens sont partants pour une Zone Euro étendue !

Pour finir, les grecs affichent un taux moyen de 2042 heures moyennes par travailleur en 2014 contre 1489 heures pour les français. Considérant cela, difficile de statuer sur le fait que « Les grecs sont fainéants. »

La Grèce sera-t-elle encore dans la Zone Euro en 2016 ? Qu’adviendra-t-il des 312 milliards d’Euros de dettes ? Il est quelque peu trop tôt pour se prononcer le dessus mais ce qui est positif, c’est que le débat est toujours ouvert.

Comments are closed.